Always please the Madam

Very interesting post from a special guest, a Franco-Lebanese friend of mine:

Twenty-three year old Manal made a promise to her family in Lebanon: she would earn enough cash working as a house maid or a nanny to build a house back home. She left her three sons and husband thousands of miles away and moved to ProsperLand. Her recruiting agent in Lebanon told her that 2 years will be enough to gather enough funds and that she will be protected from any abuse. Things went not as expected. Upon her arrival, her passport was confiscated by her employer. She wasn’t authorised to leave home or to call her family. Her employer refused to pay her any wage. She worked 17h a day and had no holidays. She slept in the laundry room (or what her employer call a maid room) and had no privacy whatsoever. Two years later, time has come for Manal come back home! But her employer, who would pay additional agency fees to recruit a new maid, refused to let her go and threatened not to pay the 2 years wage!

Does this story seem familiar to you? I suggest you replace Lebanon by Sri Lanka and ProsperLand by Lebanon and read it again!


The Offer: “Always Please the Madame”
Each year, 10 000 Sri Lankan women leave their country to work in Lebanon as domestic workers with the intention of working hard to make better lives for themselves and their families. In most cases, these women earn more than they could in their home country, but it is estimated by the Migrant Services Center, one of the largest NGOs in Sri Lanka serving domestic migrants, that 40 percent of them return to Sri Lanka no better off than they were when they left.

The Lebanese labour law, which is supposed to protect employees, is not applicable to such migrant workers opening doors to all sorts of abuses. A report from Human Right Watch (HRW) lists the following common abuses:

a. Unpaid and Underpaid Wages
b. Physical and Psychological Abuse
c. Sexual Abuse
d. Heavy Workload and Excessively Long Work Hours without Rest
e. Food Deprivation and Inadequate Living Conditions
f. Confiscation of Passports, Forced Confinement, and Restricted Communication
g. Prohibitions on Returning Home
h. Forced Labor
i. Exploitative Practices by Labor Agents in the Countries of Employment

This migration trend is not solely restricted to Lebanon. Migrant workers from many places in Asia and Africa come to countries such as Saudi Arabia, UAE and Lebanon. However, statistics from Sri Lanka Foreign Bureau of Employment (SLFBE) show slightly higher rates of reported maltreatment in Lebanon than elsewhere! In pre-migration training offered by the SLFBE, Sri Lankans women, who are moving to Lebanon, are taught to “work hard to always please the Madam”. Let’s have a look on why the Lebanese Madam wants to be pleased!


The Demand: The Madam has a maid!
Lebanon is a small country! Lebanese population living in Lebanon should not surpass three million if deducting Palestinians refugees and other minorities such as Syrians. Assuming that females compose half of the 3m-population and that 1/3 of females are married, using simple math, we end-up with 500k married females in Lebanon. On the other hand, it’s estimated that 150k home maid migrant workers live in Lebanon. Therefore, exactly 30 percent of married Lebanese females (let’s call them the Madam) employ a migrant worker! (Actually, the figure is slightly lower since some of them employ more than one maid!)

Many reasons force the Madam to hire a Sri Lankan maid. Although, she might not work (as in many Arabic societies, women in Lebanon dedicate their lives to their families – but more recently and especially due to hard economical conditions things are changing), the Madam has kids. She also has a husband, who can be very demanding sometimes. But most importantly, she is under pressure by society. In fact, having a foreign maid is considered a social success for Madams. It’s crucial to go out shopping at ABC, a chic shopping mall in Beirut, and to show to everyone that the Madam has a maid!

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~ by hikifakcava on May 10, 2008.

4 Responses to “Always please the Madam”

  1. sans vouloir amoindrir la responsabilité des libanais dans ce trafic d’êtres de chair, je dois cependant dire qu’en Arabie Saoudite ou ailleurs dans le Golfe, il y a plus de mauvais traitement de facto, mais que ceux ci ne sont pas aussi bien reconnus pour plusieurs raisons.
    1 l’arabie saoudite est un des grands pourvoyeurs d’aides financière par ex au Soudan ou à d’autres pays.
    etc…

    Il y a donc certes des dérives au Liban mais peut être et je suppose bien beaucoup moindre qu’ailleurs.

  2. Salut Frenchy,

    Tout d’abord merci pour ton comment.
    Je souhaite juste ajouter a ton analyse que Humain Right Watch, dans son raport sur la question, a trouve qu’au Liban ou le traitement est le plus mauvais.
    Ci-apres leur rapport:

    http://hrw.org/reports/2007/srilanka1107/

    A bientot,

  3. Tony
    je vais te citer un exemple, le cas d’une francaise allée en arabie saoudite comme gouvernante.
    Elle s’est retrouvée comme objet sexuel et a réussi de manière détournée à contacter l’ambassade de france.
    Dixit l’ambassade, pour des raisons d’état, on peut rien faire c’est un prince.
    Il y a sur le terrain beaucoup de choses qu’on ne dit pas, qu’on ne reportent pas pour des raisons X, Y et Z et surtout à mon avis pour des raisons “légales”. Un viol est un viol par exemple au Liban, mais le cas d’une francaise d’origine maghrébine violée à Dubai a été d’abord rejeté par la court de justice, estimant “qu’elle avait allumé les mecs qui l’ont violé”
    ce n’est qu’après par la pression médiatique que cette affaire a été réexaminée. Si elle était du sri lanka, des philippines ou d’autres pays non occidentaux, cela aurait été-t-il pareil?

    Les rapports Hrw ne sont, comment dire… parfois pas très fiables, je préfère pour cela les rapports d’amnesty international qui reste une ONG plus indépendante :)
    Mais il est vrai que parfois bon ils n’acceptent pas le financement de gouvernements ou d’entités étatiques mais parfois les pressions peuvent se faire autrement…
    la déléguée d’Amnesty International a eu des problème, je crois l’année dernière au Liban quand le rapport a étudié le cas des camps palestiniens et a sévèrement taclé le problème social des réfugiés palestiniens au Liban et a subi selon le rapport d’amnesty international des pressions du gouvernement.

  4. Sans nier qu’il y a problème, je trouverais bien plus efficace une campagne moins hystérique, je ne crois pas que mettre les employeurs libanais sur la défensive aide en quoi que ce soit. Le caractère domestique des relations “madame”-employée fait qu’elles soient difficiles à régler de l’extérieur à coup de décret. Un changement de la législation –commençant par l’interdiction de rétention du passeport – et son suivi strict pendant quelques années sera nécessaire pour faire sentir à “Madame” qu’elle n’est pas la propriétaire de son employée. Mais cela demande l’existence d’un état capable au Liban, ce qui reste à voir. A propos, d’après mon expérience, les autres pays de la région ne sont pas très différents en ce qui concerne la situation des employées de maison. (J’ai vécu en Jordanie, p.ex., qui semble épargnée par la campagne actuelle).
    Finalement, qu’en est-il de la responsabilité des états « exportateurs » de main d’oeuvre? Le Sri Lanka en particulier, mais aussi l’Ethiopie et l’Erythrée connaissent parfaitement les conditions de travail de leurs citoyennes tout le long du Moyen Orient, pour avoir été une destination pour des centaines de milliers de ses ressortissantes pendant une vingtaine d’années. Les Philippines ont apparemment fait un effort dans ce sens. On pourra me rétorquer que le bonheur des unes fait le malheur des autres –des népalaises, bangladeshi et d’autres pays plus pauvres pourvoient. C’est vrai. Mais toutes les fois que j’ai soulevé la question avec l’une d’entre elles, elles n’ont pas manqué de regretter l’inanité de leurs ambassades et du manque recourrant de protection en cas de trouble. A mon avis, la responsabilité des pays exportateurs est grande, et le fait de l’ignorer relève d’un paternalisme colonial indigne des organisations qui luttent pour la défense des droits humains.

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